A Joinvill’ le Pont, Pon ! Pon ! Il y a une guinguette de la Marne !

Bal « chez Gégène », Joinville, 1945, tirage argentique noir et blanc sur papier baryté, 40 x 30 cm. Don de Robert Doisneau

Chez Gégène à Joinville-Le-Pont, quel nom mythique pour cette guinguette des bords de Marne ! Elle est installée à Joinville depuis… la fin du XIXe. C’était une péniche, tenue par un certain Rossignol. La péniche brûle un peu avant 1914. En 1918, Eugène Favreux, le fameux Gégène, s’installe sur l’emplacement de la péniche « Eugène Favreux a un sens inné de l’animation : la Guinguette propose des distractions classiques – boules, balançoires, … – mais aussi plus spectaculaires et exotiques comme le dromadaire qui attire bien des curieux. Sur la Marne, on canote, on se livre parfois à des joutes épiques sous les clameurs de la foule qui se promène au bord de l’eau », racontent les patrons de la guinguette sur leur site web.

Chez Gégène, la cantine des stars

Une bonne partie de la production cinématographique de l’avant guerre a lieu à Joinville et Eugène Favreux tient en même temps la cantine des studios. Il se lie d’amitié avec les vedettes de l’époque et son lieu devient à la mode. N’hésitez pas à revoir La Belle Equipe avec Jean Gabin et sa fameuse chanson Quand on s’promène au bord de l’eau…
Puis l’après-guerre, est immortalisée par Doisneau, et afin vint la fameuse chanson, que je ne vous ferais pas l’affront de vous chanter A Joinville-le-Pont, écrite par Roger Pierre et interprétée par tant de grands interprètes dont Bourvil.

Un mythe

« Le mythe est lancé : Chez Gégène devient un lieu d’inspiration pour les photographes et constitue un superbe décor naturel pour les cinéastes. Yvonne Printemps, Pierre Fresnay, Jean Gabin, Marie-José Nat, Jean-Louis Trintignant, Dominique Sanda, Guy Marchand, entre autres, tourneront là. Robert Doisneau y fera régulièrement des reportages empreints de cette tendresse toute particulière que le photographe a pour les anonymes. Jean Bellus, le dessinateur, y mettra en scène son couple fétiche arrivant en barque et demandant si une célèbre carte de crédit était acceptée dans l’établissement. Quand ce n’est pas le cinéma qui envahit la grande salle, la télévision s’installe. Christian Brincourt, Yves le Ménager, Jean-Claude Bringuier, Roger Couderc en font le plateau des premières émissions tournées à l’extérieur. Émissions en Noir et Blanc, diffusées sur l’unique chaîne d’alors… »

Le boxeur géant est toujours là

« Il ne se passe pas de saison sans qu’un magazine ou une maison de couture ne profite pas de la chaleureuse ambiance de bois verni et de piste cirée pour présenter des modèles. La mode passe, évolue, mais elle se plaît toujours à s’exposer au milieu des maximes pleines de bon sens et d’humour, des fresques charmantes et naïves ou des objets presque centenaires, comme le boxeur géant, trônant dans le jardin et qui, par le passé permettait aux messieurs d’ impressionner ces dames par la force de leur coup de poing ».

Et le fameux boxeur géant est toujours là ! Bon, entre nous il n’est plus question de lui porter un coup, d’ailleurs, le mécanisme n’existe plus. Mais, mine de rien, l’endroit « fonctionne bien ». Il est facile d’appréhender ce que pouvait être chez Gégène à la grande époque, car rien n’a changé. Et c’est la grande force des lieux : être un peu figé dans le passé comme un lien pour les plus jeunes qui auraient voulu croquer un peu du passé des guinguettes.

Un repas correct

Chez Gégène guinguette Joinville

Un plat chez Gégène, la guinguette de Joinville-le-Pont

Ma copine Sarah, qui habite Joinville en parle encore mieux que moi. Donc, chez Gégène, on y boit, on y mange.  Coralie a demandé un p’tit vin blanc comme dans la chanson. Ce à quoi le serveur a répondu : « Nous ne sommes pas à Nogent ». Eh oui, les Guinguettes, viennent de guinguet.
Du verbe ginguer, variante de giguer, gambader, sauter, mais aussi du guinguet, ce petit vin aigrelet, qui était produit en région parisienne. (Cela dit, la production existe depuis plus de vingt ans à Nogent, mais n’est pas vendu).

Nous avons commandé une bouteille de Chinon rouge AOC Les Lutinières de chez Raffault. Vendu 27 €, ce Chinon rouge était correct. Nez de fruits rouge, assez aromatique. Il manquait peut être de longueur en bouche et sûrement de quelques années de cave.

Nous l’avons bu en apéro et au cours du repas avec une souris d’agneau et une cuisse de canard confite. Les deux plats étaient corrects, ma souris manquait un peu de chaleur. Nous n’avons pas pris la friture de poissons. Les serveurs étaient sympa. Au final le rapport qualité prix est normal, sans plus. Un endroit que l’on aimerait bien visiter un vendredi soir ou samedi soir, histoire de tutoyer un peu plus l’ambiance des guinguettes.

Heureusement que Coralie et moi ne nous sommes pas arrêtés aux monstrueux avis laissés sur TripAdvisor.

Menu simple

A Joinvill’ le Pont  Pon ! Pon !
Tous deux nous irons Ron ! Ron !
Regarder guincher Chez chez chez Gégène
S l’coeur en dit Dis dis
On pourra aussi Si si
Se mettre à guincher
Chez chez chez Gégène…

Bourvil
For privacy reasons YouTube needs your permission to be loaded. For more details, please see our Politique de confidentialité.
I Accept